Une jeune adolescente met sa vie de côt…


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Une jeune adolescente met sa vie de côté le temps d'un lymphome hodgkinien

20 février 2017 | par Larissa Cahute

Comme plusieurs jeunes de 18 ans, Melissa Baker a passé l'été 2016 à se préparer pour sa première année d'université.

Cette diplômée de Branksome Hall faisait ses valises dans la maison familiale de Toronto, enthousiasmée par son grand départ pour l'Université Queen's à Kingston, où elle allait entreprendre des études en commerce en septembre.

Or quelques mois avant de partir, elle a commencé à ressentir des maux de dos la nuit. L'intensité des maux a augmenté à un point tel qu'elle se réveillait, couverte de sueur, aux petites heures du matin.

Le jour, tout semblait « complètement normal »; elle faisait ses exercices et mangeait sainement.

Ainsi, quand la douleur s'est manifestée, elle se doutait que quelque chose n'allait pas.

« Quand il s'agit d'une maladie importante, c'est différent, votre corps ne réagit pas comme si c'était un rhume ou une simple fièvre. Je savais qu'il y avait un sérieux problème », dit Melissa.

Elle a eu des prises de sang, des IRM et des tomodensitométries.

Après 10 jours à l'hôpital St. Michael's, le jour même où elle devait emménager à la résidence étudiante, Melissa apprenait qu'elle avait un lymphome hodgkinien.

Elle a alors demandé à sa mère d'aller porter ses valises à Kingston. Elle présumait qu'elle recevrait des traitements de chimio dans un hôpital près de l'université.

Puis elle n'a pas tardé à comprendre toute l'ampleur du diagnostic : elle ne pourrait commencer ses études post-secondaires en même temps que ses amis.

« J'ai eu beaucoup de difficulté à accepter tout ça au début », dit Melissa. « Un jour, la nouvelle vous tombe dessus, et on vous dit (que) vous devez ni plus ni moins mettre votre vie de côté. »

« Ce fut difficile, parce que mes amis sont tous partis. »

Elle a d'abord remis sa chimio afin de congeler ses œufs et ainsi préserver sa fertilité, un aspect qu'elle n'avait jamais pensé devoir prendre en considération à 18 ans.

Après deux semaines de traitement de fertilité, Melissa commençait le premier de six cycles de chimiothérapie. Elle a terminé son dernier traitement le 22 février.

« Les trois premiers cycles ont été très, très douloureux... mais mon corps s'est en quelque sorte adapté à la chimio, et c'est devenu plus facile », affirmait Melissa, après son cinquième cycle.

L'adolescente espérait faire partie de la petite minorité qui ne perd pas ses cheveux. Hélas, au fil des traitements, ses cheveux ont commencé peu à peu à tomber. Elle portait des chapeaux ou faisait une queue de cheval pour cacher les plaques chauves.

« Chaque fois que je prenais une douche, c'était plutôt traumatique parce que les cheveux se détachaient par poignées, et aussi parce qu'une chevelure mouillée a l'air plus dégarnie », dit-elle.

En janvier, elle avait perdu beaucoup de cheveux et, exaspérée de toujours chercher à le cacher, elle s'est rasé la tête – chose qu'elle avait remise car elle ne voulait pas afficher sa maladie.

« Je ne veux pas être perçue différemment car, intérieurement, je suis la même personne, mais pour le moment j'ai un problème de santé », dit-elle. « Je sens vraiment, toutefois, que les gens me traitent différemment. »

Bien qu'elle ait deux prothèses capillaires, elle choisit devant qui elle les porte. Avec les amis proches, elle se sent à l'aise de montrer sa calvitie, mais devant des connaissances, elle porte une prothèse, alors que devant des étrangers, cela n'a pas d'importance.

La maladie a eu des conséquences importantes sur la vie sociale de Melissa, ce qui est un problème pour elle.

« Je me sens très seule pour mon âge, mes amis sont partis », dit-elle. « Je vois parfois des gens en chimio, mais personne ne se parle et ils sont tous âgés. »

« C'est difficile de m'associer aux gens plus âgés, à l'étape de leur vie. »

Si quelques amis sont restés à ses côtés, elle a remarqué cependant que d'autres sont devenus plus « silencieux » et que son cercle d'amis s'est « rétréci » au fil de son traitement.

L'atelier Belle et bien dans sa peau a aidé à remplir ce vide.

Elle a rencontré d'autres femmes qui vivaient la même situation, et il y avait même une fille de son âge.

« J'aimerais bien qu'il y ait d'autres groupes (comme celui-ci) », dit-elle, en ajoutant qu'elle a également découvert des communautés et des ressources utiles sur Internet. « (Belle et bien dans sa peau) est une cause importante et je fais partie d'un groupe d'âge qui ne reçoit pas beaucoup d'attention, les patients sont toujours plus âgés. »
« Je veux sensibiliser les gens au fait que le cancer peut toucher tout le monde, à tout moment dans la vie. »

Conseils et astuces d'une survivante de cancer âgée de 18 ans :

Mettre les choses en perspective :

Melissa aurait pu se laisser tourmenter par son diagnostic, mais elle a réussi à trouver les aspects positifs, même pendant les durs traitements.

« Un an (de traitement) pour être guérie pour la vie, ça en vaut totalement la peine », dit-elle.

Elle attribue sa perspective positive à un livre qu'elle a trouvé particulièrement utile : « Ne vous noyez pas dans un verre d'eau : 1000 conseils pour vous simplifier la vie » de Richard Carlson.

Profiter des bonnes journées :

Après deux sessions de chimiothérapie, Melissa a compris comment son corps gérait le traitement. Ses meilleures journées sont celles juste avant une séance de chimio, alors elle en profite pour s'entraîner ou pour aller dans ses restaurants favoris (car après une séance, son estomac est plus sensible).

Tirer profit des médias sociaux :

Lutter contre un cancer à un si jeune âge signifie que Melissa se sent souvent isolée. Ses amis étant à l'université, Melissa reste en contact avec eux à l'aide de médias sociaux comme Instagram et Snapchat. Elle se sent plus incluse.

Trouver un passe-temps 

Puisque ses amis se trouvent à des heures de chez elle, Melissa s'ennuie de passer autant de temps seule. Pour passer le temps, elle suit des cours de cuisine, ce qu'elle n'a jamais fait pendant ses études secondaires.

« Cela m'a beaucoup aidée, car il faut du temps pour cuisiner, et à la fin de la journée, on déguste le repas en famille, ce qui est très important », dit-elle.

Apprécier l'ennui de temps à autre :

« Chaque jour, c'est la même idée : essayer de se sentir bien; on apprécie vraiment les jours où on se sent en santé », dit Melissa. « S'il y a des jours où je m'ennuie, c'est une bonne chose. »

Où est-elle maintenant :

Ayant terminé son dernier traitement, Melissa se concentre sur un retour à la « normale ».

Elle essaie de rendre visite à ses amis à Queen's quand son taux de globules le permet, et elle s'est également trouvé un travail à temps partiel comme hôtesse dans un restaurant.

Si elle n'a pas besoin de radiothérapie après la chimiothérapie, elle compte s'inscrire à l'Université Queen's en septembre. 


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Larissa Cahute

Look Good Feel Better


I’m a Communication Associate with Look Good Feel Better. As a former journalist, I believe that everyone has a story worth telling – and that’s what I’m here for: to share the inspiring stories of the women and survivors I meet through LGFB.





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