Prendre soin de soi et pleine conscience
La vie est courte et imprévisible – et je veux en profiter pleinement
Cheveux, prothèses capillaires et foulards
Effets secondaires - Cheveux et cuir chevelu
Soutien psychosocial
Après le traitement
En cours de traitement
Patients (FR)
June 10, 2026
J’ai découvert que j’étais porteuse du gène BRCA2 en mai 2014, après que mon père, âgé de 94 ans, eut reçu un diagnostic de cancer de la prostate. On lui avait vivement conseillé de passer un test, car il y avait des antécédents de cancer du pancréas et de la prostate dans sa famille et, comme on pouvait s’y attendre, son test s’est révélé positif. J’ai été orientée vers une clinique spécialisée dans les cas à haut risque et j’ai pris la décision de me faire retirer les ovaires et les trompes de Fallope. Une petite tumeur a été découverte, et ce fut le début d’un parcours marqué par d’autres interventions chirurgicales, une chimiothérapie et une lutte intense contre mes problèmes de santé mentale. J’avais peur.
En tant que pianiste professionnelle, il était très important que je fasse tout mon possible pendant ma chimiothérapie pour éviter la neuropathie – fourmillements, douleurs, voire engourdissements dans les mains et les pieds. Après avoir fait des recherches en ligne et demandé conseil à toutes les infirmières et tous les médecins qui me soignaient, j’ai fini par utiliser une technique préventive très discutable et non éprouvée consistant à tenir des poches de glace dans mes mains pendant la thérapie. Heureusement, cela a semblé fonctionner.
D’autres effets secondaires ont été plus difficiles à gérer. Avant le traitement, j’avais une chevelure abondante, épaisse et bouclée et quand j’ai commencé à perdre mes cheveux sous la douche, ça a été très dur. Perdre mes sourcils et mes cils a également été difficile. J’ai souffert de fatigue, de brûlures d’estomac, d’otites et d’une perforation du tympan, et j’ai traversé une période où je pleurais beaucoup. Je me réconfortais en me rappelant que les choses auraient pu être bien pires. Et j’ai eu la chance d’avoir un merveilleux réseau de soutien : mon mari formidable, des amis chers qui m’ont soutenue au quotidien en m’apportant des repas et en m’appelant, ainsi que ma fille et mon fils adultes, qui me télépphonaient régulièrement et venaient me rendre visite depuis Toronto et le Royaume-Uni, me redonnant du courage par leur présence.
Mon traitement m’isolait. On m’a dit de considérer cette période comme si j’étais en pleine pandémie de COVID, car j’étais immunodéprimée. Je ne pouvais voir les gens en personne. J’avais soif de contact, et participer à l’atelier de Belle et bien dans sa peau (BBDSP) a donc été une occasion des plus appréciées. J’y ai vu des gens en personne pour la première fois depuis des mois.
J’y suis allée parce que je voulais avoir des sourcils. Je devais apparaître dans une vidéo consacrée à la maison de mes parents, conçue par un architecte, et c’était pour la postérité. Je me suis donc inscrite avec ce seul objectif en tête.
Ce que j’ai découvert, c’est que BBDSP est bien plus qu’un simple cours de maquillage. Cela a nourri mon âme, m’a donné de l’espoir pour l’avenir et m’a aidée à me sentir à nouveau moi-même – confiante pour me regarder en face et regarder les autres. J’ai été frappée par l’attitude positive des participantes et particulièrement inspirée par l’animatrice, qui nous a confié qu’elle était une survivante du cancer depuis plus de 20 ans. Elle avait de l’humour, de la vitalité et une énergie débordante – tout ce dont j’avais tant besoin. C’est là que j’ai retiré mon foulard pour la première fois en public, dévoilant ma tête chauve, ce que je n’avais même pas pu faire devant mon mari. C’était un sentiment que je ne peux même pas décrire. Il m’a fallu beaucoup de courage pour faire cela. J’ai quitté cette séance en me sentant positive, soutenue et en réseau.
Le cancer peut avoir des côtés positifs. Il m’a forcée à voir la vie différemment, à apprécier les amitiés, la famille et les petites choses de la vie, et à ne pas les laisser passer. Ce parcours remet les choses en perspective. Il m’a donné l’occasion de réfléchir à mes priorités et de m’assurer que je peux faire une différence dans le monde.
Au printemps dernier, j’ai assisté à la cérémonie de remise des diplômes de mon fils à Londres, en Angleterre. Et cet été, j’ai organisé une fête de remerciement pour tous mes chers amis qui m’ont soutenue pendant mon traitement. J’ai pu soutenir une amie qui traversait une épreuve similaire avec davantage d’empathie. Nous voyagerons à nouveau. La vie est courte et imprévisible, et je veux en profiter au maximum.