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L’histoire de Sout en est une de force et d’indépendance. Immigrante de première génération venue du Laos, elle est arrivée au Canada à l’âge de 19 ans. Elle a choisi de faire face à son diagnostic de cancer toute seule afin d’épargner sa famille éloignée du poids de ses problèmes. Dans cette épreuve vécue en solo, c’est Belle et bien dans sa peau qui a émergé comme un allié indéniable.

« Je suis essentiellement une aidante. J’ai toujours été présente pour les autres et offert un coup de main lors de moments éprouvants. Quand j’ai reçu un diagnostic de cancer, Belle et bien dans sa peau est devenu un réseau de soutien sur lequel je pouvais compter – une source de force et de normalité au cœur de l’incertitude. »

Pour Sout, garder une apparence positive est devenu une façon de protéger les êtres aimés du souci. Elle ne voulait pas avoir l’air malade pour ne pas que les gens s’apitoient sur son sort et s’inquiètent pour elle.

La décision de se raser la tête, une signification culturelle profonde, a représenté un moment de libération pour Sout. C’est ce qui la liait à sa famille au-delà des frontières, et l’ancrait à ses racines. Assister à un atelier BBDSP a également été un moment autonomisant dans son épreuve.

« Créer des liens avec les participantes et les bénévoles pendant l’atelier a été merveilleux. Tout le monde était si bienveillant, cela m’a réellement fait chaud au cœur – surtout quand on est seule, comme je l’ai été tout au long de cette expérience. »

Malgré sa solitude, Sout a trouvé de l’humanité et de la chaleur dans la camaraderie de Belle et bien dans sa peau. C’est un hommage à la capacité du programme à fournir du soutien au-delà des conseils pratiques et des outils. Cela illustre bien l’impact profond et transformateur de Belle et bien dans sa peau et de notre communauté de personnes donatrices et bénévoles généreuses qui rendent possibles nos programmes.

Quand je repense au cancer et aux traitements que j’ai eus, tout cela est flou en grande partie. Ce fut presque une expérience extracorporelle pendant quatre mois. J’avais 15 ans et j’étais en 10e année quand j’ai eu le diagnostic. Je suivais un programme d’art culinaire dans une école de Toronto, quelque chose que j’avais toujours rêvé de faire. Tant de choses survenaient dans ma vie à ce moment-là. C’était une année éprouvante. Mon chien était mort depuis peu, ce qui avait été très difficile pour ma famille; et ma grand-mère avait eu la frousse en croyant être atteinte d’un cancer. En plus, ça ne se passait pas bien à l’école. J’avais rencontré quelqu’un qui s’est révélé être une personne pas très gentille, j’ai donc cessé de le fréquenter. Puis j’ai appris quelques mois plus tard qu’il écrivait des choses méchantes à mon sujet sur Internet. Ensuite, il s’est mis à me menacer et, à l’école, il me suivait. Il était copain avec plusieurs de mes amis et c’était donc difficile de l’éviter. Aussi, je venais de me séparer de tout mon groupe d’amis, car ils n’étaient tout simplement pas de bons amis. Il y en a même une qui m’a dit qu’elle m’avait détestée dès le moment où elle m’avait rencontrée. Ça, c’était difficile. Je composais avec beaucoup de choses, alors quand j’ai su que j’avais un cancer, j’ai eu l’impression que c’était comme une prime supplémentaire. C’était la cerise sur un horrible gâteau.

Soudain, je passais tous les jours ou presque, des heures et des heures durant, dans des bureaux de médecins à essayer de comprendre ce qui se passait. À l’école, j’ai commencé à échouer à des cours parce que désormais le cancer prenait presque tout mon temps.

Je m’en suis sortie, toutefois. À l’école, dès qu’on a su ce qui se passait, on m’a donné du soutien avec les devoirs. J’ai pu me faire de très bons nouveaux amis qui étaient aimables et encourageants. Et j’ai terminé mes traitements.

La chimio a été dure, mais pas comme ce que les films peuvent laisser croire. À bien des égards, il est vrai que la chimio peut être intense, mais ce n’était pas aussi effrayant que je l’imaginais. L’opération s’est très bien déroulée. Le moment venu, mes parents étaient très nerveux, mais je leur ai simplement dit : « OK, c’est cool, je vous vois plus tard! »

J’ai perdu mes cheveux, ce qui n’a pas été agréable. J’avais les cheveux très longs et bouclés, et j’étais triste de les perdre. J’ai eu aussi beaucoup de problèmes – peau sensible, cloques mauve foncé aux pieds à cause de la chimio, mains très sensibles et marques rouges aux épaules. L’atelier Belle et bien dans sa peau m’a beaucoup aidée à me sentir mieux. J’aimais non seulement m’amuser avec le maquillage – j’adore m’exprimer de cette façon – mais également rencontrer d’autres personnes qui avaient le cancer. Elles m’ont parlé de ce qu’elles ont vécu et cela m’a beaucoup aidée. Je me suis sentie moins seule.

Tout cela est derrière moi aujourd’hui, et je peux maintenant me concentrer sur ma vie d’adolescente et sur les choses que j’aime faire. J’ai encore beaucoup de plaisir à faire des créations culinaires. La pâtisserie est ma préférence. Je suis très douée pour faire des gâteaux au chocolat – je crois avoir réussi à les perfectionner. J’aime aussi faire du crochet, de la broderie, de la couture et de l’artisanat. Je suis contente de retrouver ma vie et que le cancer soit chose du passé.

Faire des promenades, passer du temps dans la nature et au bord de la mer, ce sont des choses vers lesquelles je me tournais régulièrement. Il y a une raison pour laquelle les médecins recommandent d’aller dehors 20 minutes par jour – de nombreux bienfaits thérapeutiques en découlent. Des études démontrent que l’exercice aide à composer avec les effets secondaires causés par la chimio. Le yoga et la méditation ont également été inestimables pour moi, tout comme cultiver un état d’esprit positif. Je m’étais mis en tête que je guérissais et que je devenais une personne encore plus belle qu’avant en raison de tout ce que j’avais traversé. J’ai fait de la méditation guidée pour la guérison, en imaginant que le cancer s’en allait et en envoyant cette énergie dans l’univers.

Parce que je vis dans un milieu rural en Nouvelle-Écosse, je devais parcourir une longue distance pour le traitement de mon cancer du sein. J’ai également dû séjourner à Halifax pendant six semaines pour faire 20 séances de radiothérapie, en laissant mes deux adolescents à la maison avec ma mère et mon beau-père. Le chemin du rétablissement a été long et il n’a pas été facile. Mais j’ai trouvé des façons d’adoucir l’épreuve et d’assimiler ce que j’ai traversé. Je fais beaucoup d’assimilation ces jours-ci. J’ai coché toutes les cases : chirurgie, chimio, radiothérapie et immunothérapie (en fait, je suis encore dans cette dernière étape). Maintenant que je n’ai plus à me rendre à un million de rendez-vous à tout moment, j’ai plus de temps et d’espace pour prendre conscience de tout ce que j’ai subi et de la direction dans laquelle j’irai ensuite, puis faire la paix avec tout cela. 

Et c’est comme ça que l’écriture est devenue un autre aspect du processus thérapeutique. J’ai appris à me connaître beaucoup mieux en étant confrontée à un cancer, en écrivant et en tenant un journal. Dans le passé, je composais avec les choses en essayant de les ignorer – c’était du déni, je suppose. Mais avec le cancer, c’était différent. Au début, j’écrivais simplement ce que je vivais, puis j’ai réalisé que je pouvais aider d’autres femmes qui vivaient des expériences semblables. Pour ma part, entrer en contact avec des gens qui avaient le cancer m’a beaucoup aidée. Et maintenant, je peux aider les autres de la même manière. Je peux comprendre ce qu’ils vivent. J’ai été dans leurs souliers. 

J’ai récemment écrit un livre intitulé Sunshine in My Eyes: A Healing Journey. Il porte sur la façon dont j’ai traversé mon épreuve de cancer et il comprend plusieurs étapes que les gens peuvent suivre pendant leur propre épreuve. Il y a des chapitres sur chaque étape de traitement du cancer ainsi que des thèmes comme le parentage, le retour au travail, l’après-traitement et le chemin du rétablissement. Le livre comporte également une section que les gens peuvent utiliser comme journal pour y inscrire leurs propres réflexions, leurs affirmations personnelles, leurs intentions et plus encore.

Je veux montrer aux autres qu’il est possible de trouver de la joie pendant un traitement anticancer. J’ai eu des joies, j’ai eu des moments de rires, de bonheur et de contentement. J’ai eu de bonnes journées, même à une époque de ma vie que l’on pourrait considérée comme éprouvante. Il y avait du bonheur mêlé à tout cela. Et je veux donner de l’espoir aux gens, leur remonter le moral et les encourager. Quand je suivais des traitements, de nombreuses personnes m’ont dit : « Ça va aller. » J’aurais aimé qu’ils ajoutent pourquoi ça va aller. Par exemple, « ça va aller parce que tu es capable de prendre soin de toi-même », ou « ça va aller parce que je serai là pour toi, tu peux m’appeler, me texter à tout moment si tu as besoin de parler à quelqu’un ». Maintenant, c’est à mon tour d’offrir du soutien et c’est le but avec mon nouveau livre.

Holly et moi nous sommes rencontrées à l’école primaire alors que nous avions sept ans. Nous sommes tout de suite devenues les meilleures amies du monde. Après l’école, nous faisions du vélo ensemble et avions beaucoup de plaisir. J’ai grandi avec sa famille, qui était comme ma deuxième famille. J’allais souvent à leur chalet et nous faisions de la randonnée, du vélo et de la motoneige. Nous avions 12 ans quand sa famille a déménagé, mais Holly et moi sommes toujours restées en contact. Peu de temps après, elle a redéménagé dans la région et nous avons facilement renoué les liens. Nous avons vécu les joies de l’adolescence ensemble – les concerts, les rires, une amitié pure qui allait de soi et nous procurait un sentiment extraordinaire. L’énergie, le cran et la soif de vivre de Holly étaient remarquables. 

Elle nous a quittés beaucoup trop vite. C’était il y a 25 ans et nous n’étions âgées que de 27 ans. Et même si elle est partie depuis longtemps maintenant, notre amitié reste à toujours dans mon cœur.

Les quatre dernières années de vie de Holly ont été difficiles, car elle luttait contre un cancer. Ce qui ne l’a pas empêchée de se marier. C’était un mariage rempli d’amour. La réception a eu lieu sur un bateau de croisière autour de Center Island. Il y avait, en guise de centres de table, des petits bocaux avec poissons rouges – absolument adorables. J’étais sa dame d’honneur, comme elle l’avait été pour moi.

J’étais enceinte de mon fils Matthew à son mariage et tout le monde espérait que le bébé naisse sur le bateau – j’étais toute ronde et sur le point d’accoucher. Il est né deux semaines plus tard. J’attribue toujours les talents musicaux de mon fils –personne n’en possède dans la famille – à ceux de Holly, qui était une magnifique flûtiste.

Je me souviens avec vivacité de l’énergie de Holly après sa participation à un atelier de Belle et bien dans sa peau (BBDSP) avec ma sœur. C’était si motivant. De nombreuses années plus tard, ayant moi-même eu un cancer, j’assistais aux ateliers de BBDSP. J’ai eu le sentiment profond de renouer avec Holly – plus que je ne l’aurais imaginé, à vrai dire. J’ai été impressionnée de constater que, comme pour Holly, l’atelier m’a remonté le moral. BBDSP a suscité de l’optimisme, de la joie, du bonheur et m’a permis de mettre de côté les soucis que je vivais. Il met en contact des gens qui autrement ne feraient pas connaissance. C’est une chose merveilleuse. 

Je suis si reconnaissante de tout le soutien que m’a donné mon mari – et mes remarquables fils, Tanner et Matthew – et d’avoir senti que Holly était avec moi à l’atelier. Que mes fils prennent soin de moi a été l’expérience la plus attendrissante de ma vie. Tanner m’a accompagnée à presque tous les traitements. Il voit à ce que prenne mes frappés aux fruits, il marche avec moi et prend soin de moi intérieurement et extérieurement, littéralement. Quant à Matthew, il ne voulait pas que je sois seule alors il est venu s’occuper de moi. Quand j’ai dû me raser la tête, Matthew s’est également rasé – et ses cheveux étaient 30 cm de long. Nous avons rasé nos têtes en nous tenant la main. C’est ce type de soutien que je reçois de mes fils. C’est incommensurable.

Nous pouvons dire que nous traversons cela en famille. Mon mari, Chris, ne me laisse pas commencer ma journée avant qu’il m’ait préparé un pouding aux graines de chia avec des petits fruits frais. C’est un soutien si délicat et tendre qu’il est difficile à décrire. C’est de l’amour pur, je crois. 

Savoir que je ne suis pas seule m’a beaucoup aidée. Les femmes de BBDSP, ma famille, Holly… tous ont été à mes côtés, chacun à sa manière.
 

Une femme sur huit recevra un diagnostic de cancer du sein dans sa vie. Nous ne contrôlons pas si nous allons être ou non le numéro huit. Nous ne contrôlons pas le diagnostic. Mais nous contrôlons certainement la façon dont nous allons composer avec un cancer.

J’ai rapidement réalisé que j’avais peu de contrôle sur tout l’aspect médical du cancer, mais que je pouvais contrôler ma façon de composer avec lui. Est-ce que j’allais pleurer dans mon coin? Ou est-ce que j’allais me dire « Bon, je vais faire ce qu’il faut et passer à autre chose »? Je savais ce qui allait me convenir – j’ai toujours été quelqu’un qui fait ce qui doit être fait. J’ai abordé mon diagnostic de cancer du sein comme une tâche que je devais remplir. Je ne voulais pas être une victime. J’allais être une survivante, un point c’est tout.

J’ai toujours été du genre noir ou blanc. Je suis très factuelle et pragmatique. Donnez-moi les statistiques, les chiffres, les probabilités – j’aime être informée, alors je me suis informée. Je voulais comprendre les examens que je devais passer, les différents cancers du sein, mes options de traitement, les tests génomiques et tout et tout. Comme je l’ai dit, j’ai tout abordé comme un projet qui devait être mené à terme. J’avais un squatteur dans mon corps et je devais m’en débarrasser. Alors, la perte de mes cheveux, mes ongles et mes seins n’était pas une si grande épreuve sur le plan personnel. Pour moi, c’était une question d’effectuer un travail.

Et, écoutez, le cancer du sein, c’est très commun. Mon numéro venait d’être tiré au sort, c’était tout simple. En sachant les chiffres, la statistique un-sur-huit, j’ai réalisé que je n’étais pas la première, je n’allais pas non plus être la dernière et surtout je n’étais pas seule. De nombreuses personnes traversent cela. Et la science, la recherche et les progrès en matière de traitements sont impressionnants. Je n’ai jamais senti que c’était une condamnation à mort – simplement une chose dont il fallait que je m’occupe.

J’aborde la vie de cette façon – avec une perspective factuelle, c’est noir ou c’est blanc. Certaines personnes sont émotives, d’autres logiques; moi, je suis plutôt logique. Je dis toujours : contrôle ce que tu peux contrôler et reconnais ce que tu ne peux pas contrôler. Il est inutile d’essayer de contrôler ce qui est incontrôlable. Ça ne peut que nous rendre fous.

J’ai une longue carrière dans l’industrie du voyage et maintenant que mon traitement est terminé, je suis de retour au travail. Il fallait que je retrouve mon « moi », et mon « moi » n’est pas un patient. J’ai été capable de me prouver que l’ancienne Bonnie existait toujours et qu’elle pouvait encore gérer une équipe. Toute ma carrière, j’ai été dirigeante d’équipe, j’aime beaucoup mettre sur pied et encadrer une équipe. C’est au travail que j’ai compris l’idée de « contrôler ce que tu peux contrôler ». En tant que dirigeante, je peux demander aux gens de faire quelque chose et généralement, ils le feront car la plupart des gens aiment effectuer du bon travail. Mais il arrive que les choses tombent entre deux chaises, que les gens aient une mauvaise journée, mais bien que je sois là pour les encadrer, je ne peux exiger ni contrôler parce qu’il ne s’agit pas de mes actions mais de celles de quelqu’un d’autre. On peut appliquer cela dans tout. Je pourrais demander à ma fille de ranger ses vêtements, mais je ne pourrais la forcer. Et donc, quelle que soit la réaction des autres, quoi qu’ils fassent, je ne peux que choisir ma propre façon de réagir car au-delà de cela, je n’ai aucun contrôle.

Il y a des choses que je peux contrôler dans ma vie : ma réaction face à mon diagnostic, ma façon de me soigner, si j’ai été présente tous les jours, mon attitude. De quoi j’avais l’air et comment je me sentais en quittant la maison – je pouvais avoir l’air mal accoutrée et me sentir mal accoutrée, ou je pouvais maquiller mes yeux avec un peu de traceur et attaquer la journée avec assurance. Je pouvais me concentrer sur le moment présent et aborder mon traitement une étape à la fois.

Lorsque j’ai reçu mon diagnostic, j’ai tout de suite dit à mes filles que cela arrivait pour une raison et que quelque chose de bon devait en résulter. Si je peux aider ne serait-ce qu’une personne à traverser son épreuve, alors voilà peut-être la raison. Le noir sur blanc n’est sans doute pas la réponse. Peut-être est-ce quelque chose qui vient étape par étape. Étant une personne très logique, je cherche ce qui est tout noir ou tout blanc, mais je suis également ouverte à toute cette zone grise qui existe entre les deux.
 

Mes enfants n’avaient que deux ans et un an quand j’ai reçu un diagnostic de cancer du sein en janvier 2022. C’était très difficile de leur expliquer ce qui arrivait à leur maman, et pourquoi j’étais si malade.

En seulement quelques mois, j’ai eu une mastectomie dont les complications ont entraîné une chirurgie d’urgence avec hospitalisation pendant quatre jours; et j’ai fait de la chimiothérapie, car le cancer s’était propagé dans mes ganglions. C’était un véritable tourbillon.

Personne ne parle de la façon dont vont les choses une fois les traitements terminés. Nous parlons de la chirurgie, de la chimiothérapie, des changements physiques, des nausées, mais personne ne parle de la façon de tourner la page après les traitements.

Ma chimiothérapie a pris fin le 11 juillet 2022. Ce jour-là, une thérapeute psychosociale m’a appelée pendant mon traitement et c’est alors que j’ai pleuré pour la première fois. Je me suis complètement défoulée. Je commençais enfin à ressentir tout ce qui venait de m’arriver. 

La phase qui a suivi la chimiothérapie a vraiment éprouvé ma santé mentale. J’ai eu de sérieux problèmes de « cerveau embrouillé » et de mémoire. J’ai eu deux accidents de voiture, dont un avec mes enfants à bord. C’est à ce moment que j’ai décidé de prendre une pause, de cesser de conduire et consulter un thérapeute pendant quelques mois. J’ai pu éventuellement surmonter ma peur de conduire, bien que je ne conduis toujours pas le soir – cette peur-là est toujours présente. Un an s’est écoulé depuis mes accidents, mais j’ai encore beaucoup de difficulté à prendre l’autoroute sans sentiment de panique.

En principe, je suis en phase post-cancer, mais en réalité je suis encore en traitement, car je fais de l’hormonothérapie et prends d’autres médicaments. Ces médicaments ont d’ailleurs dû être modifiés quelques fois parce que mon corps a bien mal réagi. Il est également question d’une autre opération pour retirer mes ovaires. Et je ne me sens toujours pas moi-même physiquement.

Mes enfants sont un peu plus âgés maintenant, et ils comprennent un peu mieux. J’ai essayé d’alléger les choses, de les présenter de manière positive et amusante pour eux. Par exemple, j’ai toujours eu les cheveux très longs alors, avant de les raser, je les ai fait couper plusieurs fois, chaque fois de plus en plus court. Je m’amusais à essayer des styles différents. Et quand finalement je me suis fait raser, mes enfants ont adoré cela. Mon fils me disait en rigolant : « Maman, pourquoi as-tu fait ça à tes cheveux? Maman, est-ce que je peux toucher à ta tête? » Les ateliers Belle et bien dans sa peau (BBDSP) m’ont beaucoup aidée à composer avec mes changements d’apparence, surtout pour mes enfants.

Aujourd’hui, je suis plus spirituelle, une suite logique de mon expérience. Après mon opération d’urgence, j’ai senti que la vie m’accordait une deuxième chance. Je suis plus calme maintenant. Je vis à un rythme moins effréné et je ne stresse plus autant. Je suis également plus patiente avec mes enfants. Mon fils est à l’âge où il demande souvent « pourquoi ». Et je prends toujours le temps de lui expliquer les choses. 

Avant, le travail m’accaparait tellement, et quand je ne travaillais pas, j’étais occupée à faire des tâches à la maison. Maintenant, je veux surtout passer du temps avec mes enfants, répondre à toutes leurs questions, et jouer avec eux. Le travail sera toujours là et les tâches domestiques ne cesseront jamais. Mais on m’a accordé une deuxième chance d’être avec mes enfants. Et maintenant, je sens que je souhaite davantage être présente pour eux. 

J’ai eu envie de changer de carrière. J’ai donc obtenu une certification d’artiste-maquilleuse et j’offre aujourd’hui divers services grâce à ma nouvelle entreprise. Une partie de ma mission est de fournir un soutien gratuit à des survivantes de cancer. Les ateliers BBDSP m’ont inspirée à le faire.

Jusqu’à maintenant, j’ai eu deux chirurgies – une mastectomie partielle et une dissection des ganglions lymphatiques. Mon apparence physique a changé, mais je ne m’en fais pas. Je porte encore des maillots de bain et de petits hauts sans bretelles. Si quelqu’un remarque une cicatrice, ça m’importe peu.

J’ai toujours fait des efforts pour être en forme et avoir belle apparence. J’ai quatre garçons, et souvent les gens m’ont dit : « Wow, tu as eu quatre enfants? Tu as de la chance, tu parais super bien! » Mais je me disais : « Ce n’est pas de la chance, je fais de l’exercice et je mange bien. » Il a toujours été important pour moi d’avoir belle apparence. Avec le cancer, soudain, peu importait ce que je faisais, j’avais la meilleure apparence possible selon le moment que je vivais. Or, ce n’était pas exactement où je souhaitais être. C’était très dur. Et ça l’est encore aujourd’hui.

Toutefois, j’en suis arrivée à me sentir à l’aise avec mon apparence après le cancer. Qu’on ne s’y méprenne pas : les changements ont été difficiles. Le plus éprouvant a été la perte de mes cheveux, pas de doute. Je m’ennuie encore de mes longs cheveux. Et quand ils se sont mis à tomber, je me suis revue petite fille, regardant ma mère perdre ses cheveux pendant son traitement pour une tumeur au cerveau. Je me regardais dans le miroir en pensant : « Je deviens ma mère. » Elle n’est plus avec nous aujourd’hui, et c’est pour cela que c’était effrayant.

« Effrayant » est le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à mon épreuve de cancer. Dès le début, j’ai ressenti de la peur. Il y a deux étés, lors d’une magnifique soirée ensoleillée, j’étais assise dehors pendant que mon conjoint préparait notre souper à l’intérieur. J’avais l’habitude de poser ma main sous mon bras dans un geste de détente, et c’est à ce moment que j’ai senti une bosse. J’ai appelé mon médecin, et à partir de ce moment les choses ont bougé rapidement. On m’a fait une biopsie, j’ai trouvé cela effrayant. Au cours des 10 mois qui ont suivi, je ne peux même pas vous dire le nombre d’examens, de biopsies, de radiographies, de tomodensitométries et d’IRM que j’ai eus. C’était le flou total. J’ai eu l’impression d’avoir besoin d’un assistant personnel pour gérer tous ces rendez-vous.

Cependant, mon équipe a été formidable et même si tout était très effrayant, j’avais confiance en elle. 

Ma participation à des ateliers Belle et bien dans sa peau a également contribué à apaiser la peur. Quand j’avais peur, les ateliers me permettaient de me réunir avec d’autres femmes et nous traversions cela ensemble. J’ai senti un esprit de communauté et je me suis sentie moins seule. Nous n’en étions pas toutes à la même étape dans les traitements, mais j’ai pu comprendre où les autres en étaient, ce qu’elles avaient traversé et donc ce qui m’attendait.

Les femmes qui animaient les ateliers étaient bienveillantes, empathiques et encourageantes. J’ai reçu de l’information si précieuse. J’avais besoin qu’on me rappelle de prendre soin de moi. Et j’ai réalisé que les petites choses, aussi minimes soient-elles, comme le cache-cernes sous les yeux après une mauvaise nuit, pouvaient me faire sentir beaucoup mieux. J’ai également adoré l’atelier sur les prothèses et solutions capillaires. Je suis reconnaissante d’avoir pu acquérir une prothèse capillaire, mais je ne me sentais pas à l’aise de la porter lors de mes traitements à l’hôpital. J’étais entourée de gens qui vivaient la même chose que moi et en portant ma prothèse, je ne me sentais pas solidaire. Mais je n’avais pas encore découvert toutes les autres options, comme les chapeaux, les foulards et tout.

Maintenant, mes traitements sont terminés. Je fais de nouveau toutes les choses que j’aime – assister à des concerts indies avec mon conjoint dans des salles de spectacles de Toronto, faire du kayak et du vélo, du yoga, passer du temps avec mes enfants adultes et travailler pour une maison de courtage. Je me concentre sur la pleine conscience et je reste positive. Je compte parmi les positifs, mon excellente équipe de médecins, le pays magnifique où je vis, l’accès à des soins de santé et ma formidable communauté – c’est-à-dire un merveilleux conjoint, des enfants remarquables et un réseau d’amis incroyables. Mon cœur est rempli de positifs.

 

Quand j’ai découvert la masse, je n’étais même pas inquiète – elle était située bien haut, au-dessus du sein, environ à mi-chemin entre le cou et le mamelon. C’était en pleine COVID, mais mon médecin m’a tout de même donné une requête pour une mammographie et une échographie. Ce n’était sans doute rien, croyait-il, car j’avais des kystes bénins dans les seins depuis le début de la vingtaine, mais il préférait vérifier. Or, quand j’ai vu l’expression du technicien en mammographie, j’ai compris que quelque chose n’allait pas.

Trois semaines plus tard, mon médecin m’a communiqué les résultats et j’ai été bouleversée. Il a organisé une rencontre avec un chirurgien. Puis j’ai eu une biopsie, rapidement suivie d’une opération. Les analyses postopératoires ont révélé que le cancer était agressif, contrairement à ce qu’avaient estimé les médecins. J’ai donc fait de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

À l’étape initiale du diagnostic et lors des premiers jours de traitement, je ne savais pas comment j’allais faire pour composer avec tout cela, encore moins comment j’allais vivre une vie normale. Mais avec le temps, j’ai commencé à accepter ma nouvelle réalité. J’ai pu compter sur mes amis et ma famille, surtout ceux qui avaient vécu la même expérience – ils ont été d’une aide immense. Mes amis ont partagé avec moi de belles pensées, et m’ont offert des cadeaux et des repas. J’étais très touchée, car je réalisais à quel point j’étais aimée. Ils ont été là pour moi jusqu’au bout, et m’ont constamment remonté le moral.

J’ai les cheveux courts, mais je ne voulais tellement pas devenir chauve. Cet aspect a été difficile. Regarder mes cheveux tomber dans la douche, et partout ailleurs, était un rappel que c’était bien vrai : j’avais le cancer. Aussi, avoir à porter une perruque m’a perturbée au début, surtout parce que ma fille allait se marier et je voulais tant avoir une apparence qui me ressemblait. Bien sûr, je me souciais beaucoup plus de ma santé que de mon apparence physique, mais j’ai été inévitablement frappée par le changement d’apparence radical. J’avais perdu mes cheveux et mes sourcils et mon teint était pâle. Quand je me regardais dans le miroir, j’étais encore plus accablée tellement je me sentais différente. J’ai voulu me donner meilleure mine et apprendre comment améliorer mon apparence pour le mariage de ma fille. Je me suis donc inscrite à un atelier Belle et bien dans sa peau.

L’atelier a été fabuleux. Quand nous avons abordé le sujet des prothèses capillaires et qu’une femme à la personnalité pétillante a enfilé une superbe perruque aux cheveux courts, je me suis sentie si inspirée. Les animatrices étaient douées et remplies de compassion. Elles ont parlé de leur propre expérience, ce qui a établi une véritable chimie. Je suis repartie avec d’excellents conseils – perruques, crayons pour les yeux, application du fard à joues. Il y a un proverbe qui dit que lorsque vous paraissez bien, vous vous sentez bien, et c’est si vrai.

Ma fille s’est mariée l’été dernier, et j’avais très belle apparence pour l’occasion. J’avais des cheveux. Et, surtout, je me sentais magnifique.

Je suppose qu’il n’y a jamais de « bon moment » pour avoir le cancer, mais je ne peux m’empêcher de penser que le facteur temps n’a pas joué en ma faveur. J’ai reçu mon diagnostic pendant la pandémie. Pendant ma chimiothérapie, le père de mon mari est décédé; et mon fils, Christopher, n’avait que quatre ans. Les choses n’ont pas été faciles.

Tout a commencé en décembre 2020, autour de la veille de Noël. Lorsque j’ai découvert une masse dans mon sein, j’ai vite consulté mon médecin de famille. Il m’a fait passer une mammographie et une radiographie. Tout est bien, m’a-t-on dit. Puis au printemps, j’ai senti une autre masse, mais, encore une fois, mon médecin m’a dit de ne pas m’inquiéter. Or, pour moi, cela ne me semblait pas normal. Cet été-là, quand la masse a grossi, je suis retournée pour une consultation et on m’a dit qu’il me fallait une biopsie. À partir de ce moment, tout a déboulé rapidement.

En septembre 2021, j’ai appris que j’avais un cancer du sein qui s’était répandu aux ganglions et était agressif. Toute ma vie, j’ai été une personne en santé – je mangeais bien, faisais de l’exercice et n’avais jamais eu de sérieux problèmes de santé. Le diagnostic était donc difficile à accepter.

Soudain, j’étais submergée par les examens et les rendez-vous médicaux, puis j’ai été propulsée dans un univers de traitements, en commençant par une mastectomie et une lymphadénectomie pour ensuite faire de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Ce fut éprouvant. Mon mari, Chad, me conduisait à l’hôpital pour mes rendez-vous de chimio, mais ne pouvait rester en raison des protocoles de COVID. La pandémie nous empêchait également de voir la famille ou recevoir tout le soutien dont nous aurions tant aimé bénéficier. Je suis une introvertie, mais j’ai tout de même trouvé cela difficile. Je me suis sentie isolée. Et malgré des problèmes de nausées, de douleurs osseuses et d’épuisement, je ne pouvais m’offrir le luxe de rester au lit toute la journée, car mon jeune enfant avait besoin de moi.

Parler du cancer à un enfant de quatre ans n’est pas une tâche facile. J’ai toujours surveillé ce que je disais et choisi mes mots. Christopher a de toute évidence été touché – il se colle à moi et ne veut pas me laisser. Mais, somme toute, il est très résilient; il a été super. J’en suis très reconnaissante.

Pendant la chimio, Chad m’a rasé la tête. J’ai pensé en être traumatisée – j’adorais mes longs cheveux bruns – mais au bout du compte, ce fut un très beau moment. Christopher m’a tenu la main tout au long et a dit : « Tu fais bien cela, maman. Tu es très belle. »

Avant la COVID, et avant même le cancer, j’avais cette idée grandiose de voyager aux quatre coins du monde avec mon mari et mon fils. Le cancer a tout balancé en l’air – finis les voyages, même la préparation du souper était négligée. Le soir, quand je bordais Christopher, je m’endormais avant lui. Un dur manège, mais nous nous en sommes sortis.

Les ateliers de Belle et bien dans sa peau ont été une magnifique source de soutien. Je voulais des conseils professionnels sur tout, depuis les soins de la peau au port de foulards. C’est ma travailleuse sociale qui m’a parlé des ateliers. Je les ai tous suivis et ils ont répondu à toutes mes questions – même celles auxquelles je n’avais pas encore pensé. Je voulais bien accepter mon apparence – après la mastectomie et la perte des cheveux – mais je ne voulais pas avoir l’air affreuse. Je tenais à avoir l’air de moi-même et à me sentir bien. Les ateliers m’ont apporté une aide immense. Et d’être entourée de toutes ces femmes qui en étaient à des stades différents de leur épreuve de cancer m’a également aidée. J’ai senti pour la première fois que je n’étais pas seule.

Le cancer m’a privée de plusieurs choses – j’ai dû prendre congé de mon travail, j’ai cessé de faire du bénévolat et d’accompagner mon fils au parc. Surtout, il m’a dérobé deux choses importantes : mon assurance et mon estime personnelle. D’avoir quelqu’un pour me guider, me tenir la main et m’aider à réaliser que je ne suis pas seule a vraiment contribué à ce que je retrouve mon assurance. Cela m’a remonté le moral.

Ces jours-ci, je me sens bien. J’aime mon corps et je suis reconnaissante de tout le chemin qu’il m’a permis de parcourir – avec lui j’ai traversé des chirurgies difficiles, la chimio, la radiothérapie. Et le fait de constater que je ne suis pas seule m’a donné de la force.

Quand j’ai appris que j’avais une stéatose hépatique, une cirrhose et une tumeur au foie, j’ai eu peine à le croire. Je me sentais pourtant bien – aucun effet négatif du tout! Mes médecins m’ont tout de même prescrit une chirurgie et une chimiothérapie, puis ils m’ont mis sur une liste d’attente pour une greffe. « Pourquoi moi? », me demandais-je. Mon dernier verre remontait à des années, à l’occasion d’un mariage. Le mot « greffe » ne m’était jamais venu à l’esprit, même lorsque je m’imaginais vieille et mourante. Mais voilà qu’à 62 ans, je me retrouvais sur une liste d’attente pour une greffe.

Le deuil comprend plusieurs étapes et l’une d’elles est l’acceptation. Quand j’ai finalement reçu un appel, en décembre dernier, pour m’informer qu’on avait un foie pour moi, je n’ai pas eu peur. J’ai plutôt senti que ce qui devait arriver arriverait. J’avais rédigé une lettre à chacun de mes enfants, au cas où.

J’ai reçu l’appel le 20 décembre, juste avant Noël. Je me suis rendue à l’hôpital le jour même et le 21 décembre, l’opération était faite. On m’a gardée à l’hôpital pendant 16 jours, et quand je suis retournée chez moi au début de janvier, tout était terminé, Noël, le jour de l’An… J’ai manqué toute la période des Fêtes. Tout le monde me disait : « Tu as reçu le plus beau cadeau, un nouveau foie. » N’allez pas croire que je n’étais pas reconnaissante, au contraire, je l’étais. Mais les gens ne sont pas conscients de tout ce qui se passe quand on attend. J’étais sur une liste d’attente depuis 13 mois. D’une certaine manière, tout a été si imprévisible, si soudain.

Maintenant, je me sens bien. Je prends environ 30 pilules par jour, mais je me sens vraiment bien – super bien, même. Je suis en congé de travail jusqu’à l’été et me concentre sur mon rétablissement. J’ai trois enfants, cinq petits-enfants et un autre est en chemin. Je suis enthousiaste à l’idée de passer du temps avec le nouveau bébé. Et j’ai hâte que mes cheveux allongent davantage. Ils poussent lentement et de façon inégale. Ils sont dressés sur ma tête – j’ai l’impression d’être un porc-épic.

Pendant mon traitement, j’ai perdu beaucoup de cheveux – ils tombaient partout, et par plaques. J’ai dû les raser. Après, toutefois, j’avais du mal à me regarder dans le miroir. L’allure de mon crâne chauve me perturbait tellement. L’hôpital avait un petit centre de prothèses capillaires et des bonnets, et c’est là où j’ai découvert Belle et bien dans sa peau (BBDSP).

L’atelier BBDSP et la trousse de produits reçue par la poste ont changé toute ma perception de moi-même. J’ai eu envie de soigner mon apparence. J’ai commencé à porter des boucles d’oreilles et à me maquiller pour mettre en valeur des traits positifs, comme mes yeux bleus. J’ai appris d’excellentes techniques : l’application des ombres à paupières, où commencer un trait de crayon pour ne pas créer des yeux tombants et comment bien appliquer du fard à joues.

Lors d’une conversation avec mon psychiatre, il a souligné que bien que les médecins traitent la maladie, il est important de considérer la personne dans son ensemble – comment elle se sent et se voit. Je suis tout à fait d’accord. BBDSP est une ressource importante parce qu’elle aide les gens comme moi à se sentir de nouveau normaux. J’ai été une patiente pendant si longtemps – j’ai subi de nombreuses interventions et reçu plusieurs mauvaises nouvelles. Je me suis sentie oubliée, comme si je n’étais plus qu’une maladie, non pas une personne. BBDSP m’a fait sentir de nouveau moi-même, et j’ai eu l’impression de retrouver ma vie. Quand je paraissais mieux, je me sentais mieux. Surtout, j’ai senti que j’étais moi, ou une nouvelle version de moi. Cela a fait toute une différence. Je ne suis pas mon cancer – je suis tellement plus.