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Avoir un cancer m’a fait me sentir vraiment seule à certains égards. Par exemple, personne autour de moi ne perdait ses cheveux ou ne devenait chauve. Être chauve me faisait – et me fait toujours – me sentir incroyablement unique. Je ne connaissais personne de mon âge qui était atteint d’un cancer. J’ai fêté mon 19e anniversaire à la maison, en convalescence après une dure séance de chimio, tandis que mes amis sortaient dans les bars pour faire la fête et trinquer à leurs 19 ans. Avoir un cancer a été une expérience solitaire.

Ça a aussi été un véritable choc. Toute ma famille décrit le jour où j’ai reçu le diagnostic de lymphome comme le jour le plus choquant de notre vie. Avant, j’étais une jeune fille de 18 ans tout à fait comme les autres. Je me sentais en bonne santé et j’avais l’air en bonne santé. J’allais tout le temps à la salle de sport – j’étais vraiment passionnée par la musculation. J’allais à l’école pour suivre une formation de coiffeuse. J’avais un petit ami. J’avais un travail à temps partiel. Bref, une vie tout à fait régulière. Je suis passée d’une vie que je trouvais parfaite un jour à un séjour à l’hôpital le lendemain. La chimio, la perte de mes cheveux… tout s’est enchaîné avant même que je puisse réaliser le choc.

Ma famille m’a beaucoup soutenue tout au long de cette épreuve. Je vis avec mes parents et mes deux frères, ainsi qu’avec deux lapins et un chien. Ils ont tous été formidables. Mes amis et ma cousine m’ont également beaucoup soutenue. Mais personne ne comprenait vraiment ce que je traversais.

Participer à un atelier de BBDSP a été l’une des choses les plus utiles pour m’aider à me sentir moins seule. J’étais nerveuse à l’idée d’y aller, mais je suis tellement contente de l’avoir fait. Ma mère m’a accompagnée. C’était vraiment une soirée formidable. Tout le monde était super sympa et on a bien rigolé, comme quand personne ne savait que je portais une prothèse capillaire et que je l’ai tout simplement retirée d’un coup. Je traversais une période difficile, et beaucoup de choses allaient mal. Pouvoir participer à une soirée entre filles, recevoir du maquillage gratuit et avoir des gens pour m’aider, c’était génial.

Et le maquillage, c’était super sympa. J’ai fini mon traitement maintenant, mais je n’ai toujours pas de cheveux. Mettre ma prothèse capillaire et me maquiller m’a aidée à me sentir plus jolie, et un peu plus moi-même. Je ne pense pas que j’aurais commencé à me maquiller si je n’étais pas allée à l’atelier de BBDSP. J’aime pouvoir mettre ma prothèse capillaire et me maquiller, puis sortir et me sentir bien. J’avais tellement peur de perdre mes cheveux, mais finalement, tout s’est très bien passé. Je m’amuse bien avec ça et, à vrai dire, je me sens plus confiante maintenant parce que j’ai de longs cheveux blonds et épais et que, quand je sors, personne ne se rend vraiment compte que ce ne sont pas les miens. C’est vrai : quand on a l’air bien, on se sent mieux.

Recevoir ce diagnostic si jeune a été si effrayant. Je me demande si ça va m’affecter pendant longtemps. Je suis sûre que oui, non? Je pense aux examens de contrôle dont j’aurai besoin, aux précautions que je devrai prendre, aux choses auxquelles je devrai faire attention.

Mais cela m’a aussi permis de voir les choses sous une perspective différente. Je suis vraiment reconnaissante pour les petites choses de la vie maintenant. Aller au restaurant avec des amis, prendre un café, aller au cinéma ou faire une promenade : ces moments sont tellement précieux maintenant. S’il y a des petites choses qui te font plaisir, fais-les, vois-tu?

À l’occasion de la Semaine nationale de l’action bénévole, nous rendons hommage à toutes les personnes dont le travail acharné, la générosité et le dévouement rendent nos programmes possibles.

L’année dernière, plus de 800 bénévoles ont consacré 7 292 heures à animer des ateliers de BBDSP en présentiel dans 80 sites partout au Canada et en ligne, créant ainsi des espaces où les participantes peuvent se reconnecter avec elles-mêmes, acquérir des compétences pratiques et partager des moments enrichissants avec d’autres personnes qui comprennent véritablement ce qu’elles vivent.

Nous aidons les personnes atteintes de cancer à se sentir de nouveau elles-mêmes en les ÉDUQUANT et en les AUTONOMISANT pour qu’elles puissent gérer les effets que la maladie et son traitement peuvent avoir sur l’apparence physique. Nous concevons et animons des programmes avec EMPATHIE et ÉQUITÉ pour refléter et respecter les expériences uniques à chacun.

Personne n’incarne mieux la mission de BBDSP — que notre réseau de bénévoles passionnés.

Éducation

Les bénévoles de BBDSP apportent une expertise professionnelle en matière de soins de la peau, de maquillage, de soins des cheveux et du cuir chevelu, ainsi que de soins des seins — des connaissances auxquelles de nombreuses personnes en traitement n’auraient peut-être pas accès autrement. Ces leaders communautaires hautement qualifiés aident les participantes à gérer les effets visibles du traitement contre le cancer avec dignité et confiance.

Les participantes expliquent souvent en quoi ces compétences font une différence significative pendant cette période difficile :

« Il y a beaucoup de choses à prendre en compte, mais je commence maintenant à utiliser certains produits et stratégies recommandés, et je gagne ainsi en confiance. »

« Les explications à chaque étape étaient excellentes. Il n’y avait pas de précipitation et j’ai eu de nombreuses occasions de poser des questions. Beaucoup de conseils et de suggestions sur la façon et la raison de se procurer certains articles. »

« Des animatrices formidables qui mettent tout le monde en confiance se et des enseignantes exceptionnelles pour quelqu’un qui n’était pas très à l’aise avec des choses comme le ligneur. »

Autonomisation

Au-delà des compétences pratiques, les bénévoles rappellent aux personnes confrontées au cancer que prendre soin de soi n’est pas égoïste, et les aident à renouer avec leur identité — ce qui peut sembler difficile pendant le traitement.

« Pour la première fois depuis que j’ai entamé ce parcours, j’ai pu me détendre et cultiver ma féminité. Cela m’a fait beaucoup de bien. »

« C’est une période très difficile de la vie; alors disposer de quelques minutes pour se sentir entourée, acceptée et renforcer sa confiance en soi est extrêmement important. »

« Le nom de l’organisation, BBDSP, est tellement bien choisi! Cela vous fait vraiment vous sentir bien et spéciale. J’apprécie énormément le type d’environnement qui a été créé. J’ai tout aimé dans cette séance. Bravo à toute l’équipe! »

Empathie

Les bénévoles de BBDSP sont formés pour soutenir les personnes atteintes de cancer et ont l’habitude de communiquer avec compassion et compréhension. Que les participantes aient besoin d’un moment de rire, d’un espace sûr pour pleurer ou simplement de se sentir écoutées, les bénévoles les accueillent exactement là où elles en sont.

« Cet atelier était exactement ce dont j’avais besoin pour sortir de la coquille dans laquelle je m’étais enfermée. Je me sens beaucoup mieux dans ma peau. »

« Parfois, on a juste besoin d’oublier le cancer, ne serait-ce que pour quelques heures. »

Équité

Que les ateliers soient proposés en présentiel ou en ligne, les bénévoles de BBDSP s’efforcent de créer des espaces accueillants où chacune se sent vue, entendue et respectée. Leur engagement en faveur de l’inclusion garantit que les participantes issues de milieux et d’horizons divers puissent accéder aux informations et au soutien dont elles ont besoin.

« J’ai vraiment apprécié les informations fournies par l’animatrice sur les alternatives aux prothèses capillaires pour celles d’entre nous qui ne souhaitent pas opter pour cette solution. »

« Je suis tellement contente de ce qui nous a été proposé. J’ai reçu du maquillage et un fond de teint adaptés à mon teint — c’était un énorme plus pour moi! »

« Les dames qui ont animé l’atelier étaient très positives et rassurantes. Cela m’a vraiment aidée à sentir que je peux surmonter cette épreuve dans ma vie. »


Les ateliers de Belle et bien dans sa peau ne seraient tout simplement pas possibles sans notre incroyable réseau de bénévoles passionnés et ancrés dans la communauté. Et il n’y a pas de meilleure façon d’illustrer leur impact que par la voix des participantes de BBDSP elles-mêmes.

Elles sont nos leaders, nos relais et nos porte-parole au pays, apportant une expertise précieuse, de la chaleur humaine et des encouragements qui font de chaque atelier un lieu d’apprentissage, de connexion et d’appartenance.

À l’occasion de cette Semaine de l’action bénévole, nous adressons nos remerciements les plus sincères et notre profonde gratitude à chaque bénévole de BBDSP.

Votre dévouement offre aux personnes atteintes d’un cancer un espace pour apprendre, réfléchir et retrouver le sens de soi.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous célébrons la force, la résilience et la compassion des femmes partout dans le monde. Chez Belle et bien dans sa peau, nous voyons cette force chaque jour chez les femmes qui luttent contre le cancer et qui participent à nos ateliers, ainsi que chez les aidants — le plus souvent des femmes — qui les accompagnent, et chez les professionnels de la santé qui leur prodiguent des soins avec compassion tout au long de leur parcours. Nous sommes également profondément reconnaissants envers notre communauté de bénévoles, composée presque exclusivement de femmes, dont la générosité et le dévouement aident les patients à retrouver confiance, à créer des liens et à bénéficier d’un soutien tout au long de leur combat contre le cancer.

Susan Larkin

« Je suis très fière que Belle et bien dans sa peau soit une organisation nationale qui voit, soutient et autonomise les femmes. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, je tiens à souligner que les femmes sont au cœur d’une grande partie de nos activités : elles participent à nos ateliers, sont bénévoles, donatrices, sympathisantes, aidantes, professionnelles de la santé et membres du personnel de BBDSP. »

—Susan Larkin
Présidente et Cheffe de la direction, Belle et bien dans sa peau

Louanne McGrory

« Lorsque nous encadrons des femmes, nous ne nous contentons pas de leur donner des conseils : nous contribuons à bâtir un avenir plus solide, plus courageux et plus équitable. Apportez votre expérience, votre voix, votre soutien, et vous gagnerez une communauté de femmes prêtes à diriger. »

Louanne McGrory
Présidente du conseil d’administration, Belle et bien dans sa peau

Nneka Ezurike

« Le thème de la Journée internationale des femmes de cette année, #GiveToGain, est plus qu’un message, c’est un mandat. Il exprime une vérité fondamentale : la générosité est un catalyseur d’égalité.

Lorsque nous donnons – notre temps, notre mentorat, notre influence, notre soutien – nous ne donnons pas quelque chose. Nous investissons dans l’avenir. Nous multiplions les  possibilités. Nous accélérons le progrès.

J’ai eu le privilège de travailler aux côtés d’organisations influentes telles que la Fondation Pharmaprix pour la santé des femmes, Go Further Women at Loblaw et le Women’s Health Collective Canada, des communautés fondées sur la conviction que la promotion de la santé et du leadership des femmes n’est pas un effort ou une initiative périphérique, mais un impératif sociétal. Ces efforts prouvent qu’une collaboration intentionnelle crée un changement durable et mesurable.

La Journée internationale des femmes est un appel à l’action, à la maison, au travail et au sein de nos communautés. Chacun d’entre nous a quelque chose à donner. Et lorsque nous donnons avec audace et collectivement, nous ne nous contentons pas de soutenir les femmes, nous remodelons l’avenir.

Lorsque les femmes s’élèvent, le monde s’élève avec elles. »

Nneka Ezurike
Pharmacienne propriétaire de pharmacies Pharmaprix, cofondatrice de BPPC et conférencière et modératrice internationale

Avant d’être diagnostiquée avec un cholangiocarcinome de stade 4, je menais une vie très active. Je passais tout mon temps à la salle de sport à faire du cardio et de la musculation. J’adorais sortir et voir mes amis. J’avais non seulement un emploi à temps plein, mais aussi un deuxième travail. Une personnalité de type A? Tout à fait. Je ne dormais pas beaucoup.

Une fois le diagnostic posé, tout a complètement changé. Ma vie telle que je la connaissais s’est effondrée. Mais elle a été remplacée par quelque chose de fantastique, à savoir que je me concentre désormais vraiment sur la guérison et le bien-être.

Ces jours-ci, je fais du yoga, de la méditation de pleine conscience et de la réflexologie. J’écris et j’écoute de la musique. J’ai ralenti le rythme, je vis vraiment dans le présent et les bienfaits sont incroyables. Je profite beaucoup plus de la vie parce que je vis chaque jour pleinement. Cela peut vous surprendre, mais c’est la beauté qui m’a inspiré ce nouveau mode de vie.

Suivre un traitement contre le cancer n’est une période très excitante pour une femme. Je ne me reconnaissais plus. J’avais les cheveux longs, épais et sains, mais ils ont commencé à tomber par touffes. Ma peau était sèche et couverte d’acné et d’éruptions cutanées. J’avais subi toutes ces interventions qui ont laissé des cicatrices et de nombreuses petites marques en raison des piqûres et des manipulations. Et pendant la chimiothérapie, certaines choses sont interdites, comme les manucures, les pédicures et la coloration des cheveux. Je commençais à me sentir vraiment mal. Je ne voulais plus sortir, je sentais l’isolement social s’installer. Alors, quand j’ai découvert le programme BBDSP, je me suis dit que ça ne pouvait pas faire de mal d’y aller. Et cela a fait toute la différence.

Lorsque je suis arrivée à l’atelier BBDSP, j’ai été chaleureusement accueillie par les bénévoles qui animaient le programme et par les autres participantes. Rien que cela m’a fait réaliser que je n’étais pas seule dans cette épreuve. Discuter et rire avec les autres femmes et obtenir tous ces excellents conseils sur les cheveux et le maquillage m’a vraiment remonté le moral.

On m’a donné un sac de maquillage et les produits étaient tout simplement parfaits. J’ai particulièrement aimé ce rouge à lèvres rose vif et ce magnifique fard à joues couleur rose. Je souffrais d’anémie à cause de la chimiothérapie et j’avais l’air très pâle, mais ces produits ont apporté une touche de couleur bien nécessaire à mon visage.

Le BBDSP a été le premier programme auquel j’ai pu participer, et c’était la première fois depuis le début de mon combat contre le cancer que je me sentais vue, accueillie et connectée socialement. Cela a été très fort. L’atelier m’a beaucoup ouvert l’esprit. Quand je suis sortie après, j’avais l’impression qu’une partie de mon ancienne personnalité était revenue. Je ne me sentais plus gênée. J’ai même commencé à recevoir des compliments!

Le coup de pouce que m’a donné l’atelier BBDSP m’a donné envie de m’intéresser aux activités liées à la santé et au bien-être. Je suis passée d’un mode de vie stressant et axé sur les objectifs à un mode de vie centré sur la guérison, la présence et le bien-être.

J’ai vraiment appris à ralentir et à profiter de chaque jour. Il y a tellement de joie à vivre dans le présent. C’est très apaisant. Je trouve de la joie et de la gratitude dans tant de choses : le soleil qui brille, une promenade dans le quartier, un appel d’un ami ou un câlin avec mon adorable chat Marge Simpson. Le cancer a complètement changé ma vie. Étonnamment, tout n’est pas négatif. Je me sens tellement chanceuse.

Le mois de février étant le mois de la sensibilisation au cholangiocarcinome, il me semble particulièrement important de partager mon histoire en ce moment. Je veux que les autres personnes confrontées à un diagnostic de stade 4 aient de l’espoir, en sachant que ce n’est pas nécessairement la fin. Et j’espère que toutes les femmes atteintes de cancer auront l’occasion de participer à un atelier BBDSP.

Je m’engage depuis de nombreuses années à défendre la santé des femmes et à raconter mon histoire. J’ai connu plus que ma part de problèmes gynécologiques, des fibromes aux problèmes de fertilité. Le diagnostic de mélanome vulvaire que j’ai reçu l’année dernière m’a semblé être la cerise sur le gâteau.

Mais si cela devait arriver à quelqu’un, j’ai l’impression qu’il fallait que ce soit à moi. Et cela parce que je refuse d’être mal à l’aise lorsqu’il s’agit de parler de la santé des femmes et des problèmes gynécologiques. Je veux briser les tabous et sensibiliser le public afin d’aider et de soutenir d’autres femmes. C’est en partageant mon histoire que j’y parviens. Il m’a toutefois fallu beaucoup de temps pour me remettre et guérir avant d’en arriver là.

La guérison après ma vulvectomie a été extrêmement douloureuse, mais ce qui a été étonnamment difficile, c’est le rétablissement émotionnel. J’étais tellement en colère. Après tous les problèmes gynécologiques que j’avais déjà connus, en avoir un autre me donnait l’impression d’être punie. La vulve représente la maternité, la sensualité et la féminité. Il m’a été très difficile d’accepter que cela soit physiquement modifié. J’ai vécu des jours très difficiles, des jours où je ne voulais pas sortir du lit.

Je suis reconnaissante d’avoir pu bénéficier de soutiens, notamment celui de BBDSP. Mes deux parents sont également des survivants du cancer, et lorsque ma mère suivait son traitement contre le cancer du sein, elle répétait sans cesse : « Aie un style agréable, sens-toi mieux ». Elle y croyait vraiment. Et le programme BBDSP a également été ma bouée de sauvetage. Il a vraiment changé les choses pour moi alors que j’étais au plus bas, en colère et en proie à des pensées négatives.

Je me suis sentie tellement comprise lors de l’atelier. C’était une communauté magnifique. La gentillesse et l’énergie positive qui régnaient dans cette pièce étaient bouleversantes, j’étais profondément émue. Les bénévoles étaient formidables, la trousse était incroyable, mais ce qui m’a vraiment marquée, c’est de voir différentes femmes à toutes les étapes de leur parcours contre le cancer et de me sentir extrêmement soutenue. Je craignais que nous allions toutes nous asseoir en pleurant sur notre sort, mais c’était tout le contraire : l’ambiance était chaleureuse et optimiste, plutôt que triste ou solennelle. Et je suis repartie ce jour-là toute pomponnée et avec le sentiment d’être au sommet de ma forme.

J’ai également assisté à la collecte de fonds « Bubbles & Brunch » organisée par BBDSP avec ma famille et mes amis, ce qui était incroyable. Ce fut une journée vraiment formidable. Mon mari et mon frère étaient tous deux superbement déguisés en cowboys : mon frère portait un chapeau de cowboy blanc et nous avons rejoint le DJ sur scène à un moment donné. J’ai versé des larmes de joie à plusieurs reprises ce jour-là, car je me sentais tellement chanceuse d’avoir à mes côtés tous mes amis qui m’ont soutenue tout au long de cette épreuve.

J’ai eu beaucoup de chance et j’ai été très privilégiée tout au long de mon parcours. J’ai pu prendre des congés pour subir des interventions. Je vis à proximité d’excellents hôpitaux comme le Princess Margaret. Je n’ai pas à faire de longs trajets ni à payer un hôtel comme beaucoup d’autres. J’ai pu bénéficier de très bons soins, mais beaucoup de gens passent entre les mailles du filet.

La santé des femmes est tellement sous-financée et négligée. Il y a encore énormément de stigmatisation. Et l’injustice liée au manque d’accès me met vraiment en colère. Même l’accès aux produits d’hygiène féminine est très difficile si vous êtes sans domicile ou si vous vivez dans une communauté du Nord. Et en ce qui concerne les cancers gynécologiques, nous devons plaider en faveur d’un plus grand nombre d’auto-examens et d’un dépistage précoce. Ces choses sont extrêmement importantes.

J’ai l’impression que mon mélanome vulvaire est survenu pour une raison : aider à sensibiliser le public. Je n’ai pas honte de mon diagnostic ni de ce que j’ai vécu. Nous devons nous sentir à l’aise pour parler de ces choses. Notre vie en dépend.

Instagram de Sarah : https://www.instagram.com/sarahelizabethclare/

J’ai toujours été à l’aise dans les coulisses. Dans le cadre de ma carrière, je conçois des programmes de formation en entreprise, mais je ne suis pas celle qui dirige les cours. J’aime rester en arrière-plan, élaborer les programmes, apporter des changements et façonner discrètement les expériences des autres.

Quand j’ai eu un cancer du sein à 27 ans, les choses ont changé. Tout à coup, je ne pouvais plus me cacher. Ni du diagnostic. Ni du miroir. Ni de la peur.

J’ai dû insister pour obtenir un diagnostic. J’avais senti une masse, mais on m’a dit que ce n’était probablement rien. J’ai insisté pour passer des examens. Lorsque j’ai appris la nouvelle, mon fiancé David, aujourd’hui mon mari, et moi avons été complètement sous le choc et dévastés. Avant le diagnostic, je vivais dans une zone d’incertitude et, soudain, tout est devenu très clair.

J’ai cherché désespérément quelqu’un comme moi, une personne dans la vingtaine, nouvellement diagnostiquée, terrifiée et confrontée à ce cancer qui a la réputation d’être un cancer de femme âgée. Je parcourais sans cesse les réseaux sociaux, dans l’espoir de la trouver, dans l’espoir de m’identifier à quelqu’un. Mais je n’y suis pas parvenue. Je me sentais tellement isolée, comme si j’étais la seule à vivre cela.

À la fin de ma chimiothérapie, j’ai décidé de devenir la porte-parole que j’avais si désespérément cherchée. Je voulais créer une communauté pour d’autres jeunes qui sont confrontés ou ont été confrontés à la même chose. Je me suis surprise moi-même en sortant de l’ombre et en me mettant sous les projecteurs. J’ai ouvert TikTok. J’ai allumé la caméra. Et j’ai commencé à filmer.

Sur mon compte TikTok (@natorrico), je partage ce à quoi ressemble la vie après le traitement, et ce à quoi peuvent ressembler la guérison et l’épanouissement. Créer ce contenu est très apaisant. C’est très doux. Je montre ma vie quotidienne : faire des promenades relaxantes dans la nature avec David et notre teckel miniature, Ozzie; m’occuper de mes plantes d’intérieur; préparer des repas nourrissants et équilibrés; préparer la tasse de café parfaite; regarder le soleil entrer par la fenêtre. Je prends beaucoup soin de moi et j’idéalise ma routine. Lorsque je suivais mon traitement, j’aurais aimé qu’il existe quelque chose comme ça, quelqu’un comme moi. J’espère pouvoir réconforter d’autres personnes qui se sentent anxieuses et se demandent à quoi ressemblera leur vie une fois qu’elles auront vaincu le cancer. Je veux montrer ce qui est possible, ce qui vient après. Ce type d’espace fait défaut dans l’expérience post-cancer. Mon objectif cette année est de devenir une militante contre le cancer du sein, non seulement pour moi-même, mais aussi pour d’autres femmes.

Le cancer du sein est tellement intense. Il a changé mon identité et a profondément affecté ma confiance en moi. J’avais l’impression qu’on m’avait volé ma féminité. Je me demandais si je pourrais encore avoir des enfants un jour. Je me regardais dans le miroir et je m’interrogeais : « Qui suis-je? » J’avais toujours été Natalia la blonde, Natalia qui court et fait du sport tout le temps. C’est qui je suis, ou qui j’étais, mais je ne pouvais plus être cette personne. Il fallait que les choses changent. Je devais réécrire mon histoire.

Belle et bien dans sa peau m’a soutenue dans cette épreuve. Cette organisation m’a montré le pouvoir du militantisme et de la communauté. Elle m’a aidée à trouver le courage de me mettre en avant, de m’exprimer et de me montrer vulnérable, afin que je puisse moi aussi aider les autres.

La Natalia après le cancer est une personne très différente de la Natalia avant le cancer. Je sais qui je suis maintenant et ce que je veux. Après avoir rassemblé le courage de me défendre et de m’exprimer, j’ai vraiment trouvé ma voie. Je suis plus indépendante, plus confiante et plus à même de donner la priorité à ce qui est vraiment important pour moi. Je laisse repousser mes cheveux roux naturels; fini le blond. Avoir un cancer à 20 ans n’est certainement pas quelque chose que je souhaiterais à quiconque. Ce fut une expérience dévastatrice pour moi. Mais il y a des choses positives qui peuvent découler de ces situations, et je les apprécie vraiment maintenant. J’en suis sortie en apprenant à quel point je suis forte et résiliente, et je ne pourrais être plus fière de moi.

Instagram de Natalia : https://www.instagram.com/natorrico


 

Le cancer est présent dans ma famille — il a touché six de mes huit frères et sœurs, ma mère, ma tante, ma grand-mère, mes cousins et même ma nièce et mon neveu. Mais je n’ai jamais laissé cette maladie me définir. Je n’aime même pas utiliser le mot   « C » — je l’appelle « l’intrus indésirable ». Il s’est infiltré dans mon corps et maintenant, nous travaillons simplement à le faire sortir. Je ne lui permets pas de me contrôler ou d’avoir autorité sur mon corps.

Tout au long de mon traitement, certaines choses sont restées constantes dans ma vie, et cela m’aide à garder les pieds sur terre. J’ai continué à travailler, parce que j’aime mon travail et qu’il me donne un sentiment de normalité. Mes enfants sont là pour moi : je suis mère célibataire de quatre enfants, des triplées de 22 ans et un fils de 24 ans. J’adore me promener avec mon petit Havanais de neuf ans et lire des thrillers psychologiques.

Ma foi a été une autre source constante de force. Lorsque j’ai eu une récidive de cet intrus indésirable, j’ai beaucoup prié. Je me disais : « Je ne peux pas revivre ça une deuxième fois. Seigneur, que fais-tu? » Et j’ai reçu un message me disant que ce n’était pas un chemin que je devais parcourir seule, mais que ce serait un cheminement communautaire pour moi. J’ai tendance à m’isoler, surtout dans les moments difficiles. Grâce à ce message, je suis restée en contact avec les autres et j’ai partagé mon parcours, notamment au sein du groupe de femmes de mon église. Nous traversons tous des épreuves dans notre vie, et j’espère qu’en partageant la mienne, j’aiderai les gens à mieux comprendre leurs propres difficultés et à savoir qu’ils ne sont pas seuls ou coincés. Je sais qu’il y a une fin à tout cela.

Et cela ne s’est pas limité à ma communauté religieuse. Une fois que j’ai décidé de surmonter mon habitude de m’isoler des autres, j’ai été surprise de voir à quel point cette communauté s’était élargie. De plus en plus de personnes extérieures à mon église, extérieures à ma foi, ont commencé à m’accompagner. Elles m’envoient des SMS, passent me voir, m’apportent des repas, m’accompagnent en promenade et assistent même à mes rendez-vous. Cela m’a vraiment remonté le moral, m’a encouragée et m’a inspirée. Je me sens soutenue et épaulée.

Cette communauté s’étend également à Belle et bien dans sa peau (BBDSP). Perdre mes cheveux a été très difficile pour moi. J’ai pleuré pendant des semaines à l’idée de ce qui m’attendait. Je viens d’avoir 61 ans, mais je ne me sens pas vieille, et je ne voulais pas avoir l’air vieille ou malade. Mes cheveux ont commencé à tomber deux jours avant mon atelier BBDSP. Je me sentais vraiment abattue. J’ai failli ne pas y aller. Mais je suis tellement contente de l’avoir fait, car l’atelier m’a vraiment aidée à surmonter cette épreuve. 

J’ai adoré la façon dont la bénévole parlait de la perte de cheveux, avec tant de calme et de naturel. Elle enlevait sa prothèse capillaire, en mettait une autre, puis passait à un bandeau. Quelque chose s’est ouvert en moi lorsqu’elle l’a fait de cette manière. Je me suis sentie libérée. J’ai réalisé que je n’étais plus attachée à mes cheveux et que leur perte n’était pas grave. La perte de mes cheveux m’avait semblé être la fin du monde, mais l’atelier m’a aidée à comprendre que les cheveux ne sont que des cheveux. Ils ne définissent pas qui je suis. Cette nouvelle perspective a changé toute la trajectoire de mon parcours. En gros, l’atelier m’a redonné ma vie. Cela m’a donné beaucoup de force. En prime, je m’amuse beaucoup avec les prothèses capillaires, en essayant différentes coiffures et couleurs.

Mon état d’esprit positif m’a vraiment aidée à traverser cette épreuve. La prière, les liens sociaux, la communauté : tout cela a joué un rôle déterminant. Et je considère vraiment cela comme un parcours, pas seulement un parcours médical et physique, mais aussi une transformation mentale, spirituelle et profonde. Je n’ai pas à m’inquiéter de cet intrus indésirable dans mon corps, car c’est le rôle de mon équipe médicale. Ma responsabilité est de veiller à rester en aussi bonne santé que possible, physiquement et mentalement. Je ne me concentre pas uniquement sur le cancer, mais aussi sur mon propre bien-être.

Trouver la force et la guérison grâce à l’art et à la communauté. Lorsque j’ai commencé à ressentir des symptômes inhabituels – constipation, ballonnements, brûlures d’estomac, douleurs abdominales – à l’été 2024, mon premier réflexe a été de prendre un stylo et du papier. J’ai dessiné un schéma de mon corps et noté tout ce que je ressentais. C’est l’art-thérapeute en moi qui s’exprimait. Lorsque j’ai montré mon dessin à mon médecin, elle a immédiatement reconnu les signes d’un cancer de l’ovaire. Une tomodensitométrie a révélé une grosse tumeur sur mon ovaire droit, confirmant ses soupçons. J’étais complètement sous le choc et dévastée.

Ma carrière de conseillère clinique et d’art-thérapeute auprès d’adolescents a pris fin brutalement lorsque j’ai reçu mon diagnostic. C’était un travail tellement positif et agréable. Non seulement j’ai dû quitter mon cabinet privé, mais j’ai aussi dû arrêter toutes les activités qui me procuraient du plaisir et de la joie dans la vie.

J’adore être active : la zumba, la danse du ventre, la musculation, l’entraînement en boucle. J’aime aussi cuisiner de bons petits plats et voyager. Mais tout à coup, ma vie était remplie de rendez-vous médicaux sans fin. Tests, tomodensitométries, analyses sanguines, chimiothérapie, opérations. C’était surréaliste.

Grâce à ma formation en psychologie, je savais que je devais prendre soin des autres aspects de ma personne. On s’occupait de mon physique. Mais qu’en était-il de mon moi émotionnel, de mon identité et de mon besoin de connexion?

Toutes les activités joyeuses de ma vie semblaient s’être arrêtées, mais j’ai pu reprendre certaines activités que je n’avais pas pratiquées depuis longtemps, des choses auxquelles je pouvais revenir. Parmi celles-ci, la lecture et l’art. J’adore l’art, en particulier le dessin et la peinture à l’aquarelle, qui ont toujours été ma ressource pendant les moments difficiles de ma vie. C’est un merveilleux exutoire pour la tristesse et les autres émotions qui ont besoin d’être libérées.

Je ne trouvais pas les mots pour décrire ce qui m’arrivait, alors j’ai commencé à dessiner. Je me suis dessinée assise au milieu d’un tsunami, le tsunami du chagrin après le diagnostic. Je me suis peinte de nuit dans une jungle, sous le clair de lune, debout dans le jardin de l’espoir. J’ai créé de plus en plus d’œuvres d’art, oscillant entre le désespoir et l’espoir.

J’ai également parlé avec mon partenaire attentionné, Bill. J’ai beaucoup pleuré. J’ai consulté un psychologue. J’ai repris contact avec des amis. Et j’ai trouvé une communauté. Lorsque j’ai entendu parler pour la première fois du programme Belle et bien dans sa peau (BBDSP) par une employée du rayon des cosmétiques de Pharmaprix, une petite étincelle s’est allumée en moi. Je me suis inscrite immédiatement. Lors de l’atelier, j’ai été étonnée de constater à quel point je me sentais soutenue dans cet espace où je me trouvais avec d’autres femmes avec qui je pouvais m’identifier. Je n’étais pas seule, nous vivions toutes la même chose. L’atelier était très instructif, utile, positif et réconfortant, exactement ce dont j’avais besoin. Mon corps ayant capitulé devant toutes les procédures médicales nécessaires, apprendre à utiliser le maquillage à mon avantage était un moyen de retrouver ma dignité et de renouer avec ma féminité.

BBDSP m’a apporté un répit dans ma douleur et ma perte. C’était une lumière vive qui m’a donné un sentiment d’appartenance et m’a sortie de l’isolement dans lequel je me trouvais, tout comme mon art. Le corps, l’esprit et l’âme font partie intégrante de nous-même, et tout au long de mon combat contre le cancer, c’est mon côté émotionnel qui avait vraiment besoin d’attention. C’était une période tumultueuse et intense, qui avait besoin d’être exprimée. Nous ne sommes pas obligés d’être positifs et courageux tout le temps.

Je ne peux pas tout contrôler, mais je peux contrôler la façon dont je prends soin de moi. Bien manger, rester en contact avec les autres et faire des choses que j’aime, comme lire et créer, ont fait toute la différence.

Par Adriana Lombardo

Je me suis rendue au Centre de cancérologie Princess-Margaret une fois par semaine pendant deux ans pour entreprendre une chimiothérapie.

La première fois, je ne m’étais pas rendu compte que j’allais y passer une journée entière. Au début, je ne savais pas quoi emporter. J’avais pris une bouteille d’eau, une barre granola et un livre pour mon premier rendez-vous de chimio.

Peu après, l’infirmière nous a expliqué que même si l’on a un « horaire fixe » pour les prises de sang et la chimiothérapie, cela ne signifie pas nécessairement que c’est à ce moment-là que l’on est appelé. Elle nous a dit qu’il fallait un certain temps pour obtenir les résultats des analyses sanguines et qu’une fois ceux-ci validés par l’infirmière praticienne, la chimiothérapie était alors prescrite.

Une fois la chimiothérapie prescrite, il faut que la pharmacie prépare la commande, ce qui prend du temps.

À partir de ce jour-là, je me suis toujours assurée d’emporter mes produits préférés que je gardais toujours à portée de main – non seulement pour la chimio, mais partout où j’allais pendant le traitement.

Craquelins et autres friandises sèches

J’ai pris des stéroïdes pendant un peu plus de deux ans.

C’était très dur pendant ma phase d’intensification (30 semaines de stéroïdes à forte dose) où j’avais souvent des brûlures d’estomac ou des nausées et où j’avais besoin de grignoter quelque chose de sec pour me sentir mieux.

Les craquelins étaient mon choix de prédilection et un incontournable à avoir dans mon sac, car je ne savais jamais quand les fringales causées par les stéroïdes allaient me prendre.

D’autres friandises sèches et salées, comme le maïs soufflé ou même du pain, m’ont permis de mieux gérer ma faim la plupart du temps… vu que j’avais tout le temps faim.

Soyons honnête, j’avais toujours quelque chose à manger sur moi, que ce soit des sandwichs, du riz ou des restes de pâtes.

Je les sortais de mon sac et m’organisais un mini-pique-nique.

Différentes casquettes

J’avais acheté une prothèse capillaire au salon de prothèses capillaires du PMH, mais je ne l’ai portée que deux fois, car je préférais rester chauve et porter simplement des casquettes pour plus de confort.

J’ai acheté pratiquement toutes les casquettes de ce magasin, et même plus!

J’aimais emporter différentes casquettes pour en changer, que ce soit à l’hôpital, lors d’un rendez-vous ou quand je sortais.

À un moment du traitement, changer de chapeau pour moi, c’était comme changer de chemise : je ne savais jamais lequel porter parce que j’avais tout simplement trop de choix… ouais, c’était tout à fait moi! Mais bon, ce n’est pas comme si je ne pouvais pas les transformer en chapeaux de tous les jours maintenant que mes cheveux ont repoussé.

Baume à lèvres et crème hydratante (EN GRANDE QUANTITÉ)

Je m’attendais à des changements cutanés parmi les effets secondaires, mais comme c’était l’hiver, j’avais les lèvres particulièrement gercées et les mains très sèches. Je devais réappliquer mon baume à lèvres au moins trois fois par heure et hydrater constamment mes mains pour éviter qu’elles ne se fissurent.

De l’eau

Pendant que je prenais des stéroïdes, j’avais beaucoup de mal à m’hydrater correctement parce que tout avait un goût de métal pour moi. Mais je savais que je le regretterais si je n’essayais pas de me forcer à boire, car cela aurait entraîné d’autres problèmes… si tu vois ce que je veux dire.

Au moins, le fait d’apporter la bouteille avec moi m’encourageait à boire, non seulement parce qu’elle alourdissait mon sac (ce qui me motivait à la finir), mais aussi parce qu’elle dépassait de mon sac, donc je savais qu’elle était toujours là, juste sous mes yeux.

Crème solaire

Tout le monde devrait toujours veiller à appliquer une protection sur sa peau.

Je n’aurais jamais pensé commencer à mettre de la crème solaire pendant les mois d’hiver, mais j’ai dû le faire une fois que j’ai pris conscience de tous les risques liés à l’exposition au soleil pendant la chimiothérapie.

Même si cela m’effrayait, j’ai pris conscience que je devais en remettre régulièrement, même si je ne faisais que me déplacer en voiture.

Maintenant, c’est devenu une habitude pour moi de toujours en appliquer le matin et de l’apporter dans mon sac pour en remettre tout au long de la journée. Les petits formats de voyage, ou ceux fournis dans la trousse de Belle et bien dans sa peau, sont parfaits à apporter avec soi.

Lingettes/savons antibactériens

« Désinfecte tout! » sont les mots qui m’ont accompagnée tout au long de mon traitement.

Les infirmières m’ont clairement fait comprendre que les germes m’adoraient à ce stade – étant immunodéprimée et tout ça.

J’étais susceptible d’attraper n’importe quoi; je devais donc m’assurer que mes mains et toutes les surfaces étaient toujours propres.

C’était gênant au début : devoir désinfecter les tables dans les aires de restauration des centres commerciaux si j’allais acheter un café avec ma famille ou des amis, être extrêmement prudente dans les toilettes publiques, et même si je faisais un pique-nique dans les parcs… les gens me regardaient bizarrement, mais je savais que je devais faire attention. Peut-être que mes gestes leur rappelaient la pandémie.

Je me suis habituée à l’idée d’être « en sécurité » et j’ai accepté ce que je vivais quand je devais le faire.

Si les gens me regardaient bizarrement ou me fixaient, je souriais et je disais : « Je sais, n’est-ce pas? Comment quelqu’un qui lutte contre le cancer et suit une chimio peut-il avoir l’air aussi chauve? » ou « Je paie une fortune à mon oncologue pour avoir ce style. » *clin d’œil*

Les gens me trouvaient ridicule, mais qu’est-ce que ça pouvait me faire? C’était moi qui traversais cette épreuve, pas eux; donc, il n’y avait absolument aucune raison que cela les dérange de quelque manière que ce soit.

Apprenez simplement à en rire, et les gens riront avec vous.

Livres/Magazines et divertissements

Il faut bien passer le temps d’une manière ou d’une autre. Pendant le traitement, j’ai développé une passion pour les livres de psychologie et de développement personnel. Je les ai trouvés très enrichissants à ce stade de ma vie. Je vivais déjà une expérience qui bouleversait ma vie, ce qui m’a amenée à tout remettre en question; j’ai donc décidé de profiter de ce temps pour réévaluer toute ma vie et la transformer.

De plus, j’avais toujours mon téléphone portable sur moi pour les réseaux sociaux, les jeux et les SMS.

Assurez-vous d’emporter avec vous des livres, des magazines ou des mots croisés, car vous aurez beaucoup de temps libre pendant vos traitements ou vos rendez-vous. Autant en profiter au maximum.

Vitamines/médicaments

Je me retrouvais toujours en déplacement au moment où je devais prendre mes médicaments ou mes vitamines. J’ai trouvé beaucoup plus pratique de les transporter dans une jolie petite trousse à maquillage que j’avais achetée spécialement à cet effet. Cela me permettait de les garder en sécurité, propres et à un endroit où je savais qu’ils seraient toujours dans mon sac.

Je n’oublierai jamais ma première rencontre avec Belle et bien dans sa peau (BBDSP). C’était il y a environ 20 ans, lorsque j’ai reçu mon diagnostic de cancer du sein. La journée où je suis allée à l’atelier BBDSP a été la meilleure de mon séjour au centre de cancérologie. La plupart du temps, je n’étais ni joyeuse, ni détendue, mais mon expérience avec BBDSP a été tout simplement merveilleuse. Les gens étaient si gentils et serviables, et c’était très amusant. J’en garde un excellent souvenir. 

L’année dernière, j’ai reçu un nouveau diagnostic de cancer. Cette fois, les médecins ont parlé d’un « cas complexe » : trois cancers distincts – de l’endomètre, des ovaires et des trompes de Fallope – à trois endroits différents. 

L’une des premières choses que j’ai faites a été de reprendre contact avec BBDSP et de m’inscrire à un atelier. Pouvoir participer à nouveau à l’atelier, après toutes ces années, a été un moment éblouissant et heureux dans mon parcours avec le cancer. Qui aurait cru que la chimiothérapie pouvait avoir des moments forts? J’ai retrouvé le même soutien de la part de personnes qui voulaient sincèrement m’aider à me sentir mieux. J’ai beaucoup apprécié le livret avec des conseils pratique de maquillage, qui m’a évité de prendre des notes pendant l’atelier. 

Pour moi, l’atelier n’est pas vraiment une question de maquillage ou de soins de la peau. C’est plutôt l’occasion de discuter avec d’autres personnes qui vivent la même expérience. Et de passer un bon moment. Par exemple, tout le monde a bien ri en voyant certaines femmes essayer leurs perruques et faire des grimaces devant le miroir. Parfois, on a juste besoin d’une journée où l’on ne pense à rien d’autre qu’à s’amuser. Il n’y a que ça au programme. Cela m’a beaucoup aidée, m’a remonté le moral et m’a redonné de la joie. C’est plus bénéfique pour moi qu’une thérapie ou un groupe d’entraide. BBDSP cultive un environnement très solidaire et encourageant. Ce fut un après-midi très réparateur, un véritable cadeau. La personne qui a eu cette idée mérite toute notre reconnaissance. 

Le cancer et son traitement nous affectent tous de manière très différente. On peut vous dire à quoi vous attendre pendant la chimiothérapie, mais on ne sait jamais vraiment ce qui va se passer avant que ça arrive. Il en va de même pour les effets secondaires du traitement du cancer sur notre apparence et notre estime de soi : c’est très individuel. On peut réagir par l’acceptation, l’incrédulité, le rejet ou la colère. Il existe une multitude de réactions possibles. 

D’une certaine manière, je pense que tout dépend de votre volonté d’accepter votre propre réalité. Mon attitude personnelle est celle de l’acceptation totale. « C’est comme ça » : telle est ma devise. Je regarde tout ce qui se passe dans ma vie, qu’il s’agisse d’un traitement contre le cancer, d’un lacet cassé ou d’une situation dans l’une de mes anciennes carrières dans l’enseignement et le travail social, et j’évalue ce qui se passe et comment y faire face. Comment puis-je aller de l’avant? Quelle est la prochaine étape? Quelle est la réponse la plus utile et la plus fonctionnelle à une situation? Y a-t-il une possibilité d’améliorer la situation, de la rendre meilleure? 

Cette approche m’a bien servi dans la vie, et elle me sert encore aujourd’hui. Je change les choses que je peux changer et j’accepte celles que je ne peux pas changer. J’aime être réaliste quant à ce qui est possible. 

Ces jours-ci, j’attends avec impatience la suite. J’ai terminé mon traitement et je profite de ma retraite. J’adore faire de l’art – je donne également des cours d’aquarelle – et passer du temps avec mes petits-enfants. J’ai hâte de recommencer à voyager, et plus particulièrement de faire une croisière. Je veux juste être sur un bateau dans un endroit chaud. J’adore les croisières, c’est ce que je préfère. Pas de cuisine, pas de ménage, juste des cours d’art, l’air marin et des siestes tranquilles l’après-midi. Et si je ne peux pas encore partir en croisière, je me contenterai d’un après-midi comme celui que m’a offert BBDSP, un après-midi rempli de gentillesse, de rires et de soleil.